jeudi 2 décembre 2010

Réévaluer l’évaluation

C’est la saison des « évaluations ». Cela vaut pour les scolaires, mais cela vaut aussi pour les salariés. Le parallèle est d’ailleurs troublant. Nous avons intégrée comme pratique de progression et de management une méthode extrêmement perverse : il y a un évaluateur et un évalué, alors que l’évalué devrait tout confier de lui, de ses projets, à une instance qui n’a pas de comptes à rendre. Demandons à un élève, ou à un salarié, d’avoir le droit d’utiliser la même méthode, mais inversée. Il devient l’évaluateur de son propre chef ! Voilà de quoi renverser ce que nous avons profondément acquis : comme il y aurait un Dieu qui dirige la marche de l’Univers, tout puissant, il y aurait une autorité également toute puissante qui dirige la marche des affaires. Remarquons que cela vaut pour les marchés en général, et surtout à l’heure actuelle, où la finance débridée joue ce rôle quasiment divin. Oui, me direz-vous, mais comment faire autrement ? Trois exemples me viennent immédiatement, pour réfléchir et non pas pour « savoir ». Le premier : mon fils est salarié d’une entreprise bordelaise, et la représente pour l’Afrique. Ce n’est pas d’évaluation dont il va discuter avec son « patron », c’est d’une possible association, où chacun, en toute indépendance, va rechercher si les points communs sont plus forts que les points de divergence. Le second : j’ai rencontré un auto-entrepreneur. Il qualifie son statut, d’invention pour le XXIème siècle. Sous quelques nuances, que je développerai une autre fois, je suis d’accord avec la conception qu’en a ce monsieur, ancien cadre supérieur (comme salarié intégré, on ne fait pas mieux !). Le troisième : un hôpital de plus de 1000 salariés veut mettre en place une politique de prévention des risques psychosociaux, sans les usagers, sans le financeur qu’est l’Agence Régionale d’Hospitalisation. Et si l’on osait définir cette politique avec tous les acteurs concernés.

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