Je viens de participer à une réunion d'un collectif de viticulteurs, plutôt en difficulté, voire en grande difficulté. J'étais invité à présenter les prestations que j'essaie de faire inscrire dans un projet plus général d'aide aux viticulteurs girondins.
Les instances représentatives ont été très critiquées. Souvent à juste titre sur la base des arguments développés, qui ne sont pas tous infondés. Mais le plan Bordeaux Demain a également été très critiqué, à ma grande surprise. Ne me l'étant pas complètement approprié, j'ai laissé se développer les arguments, qui ne manquaient pas de cohérence, par rapport à un document que j'avais trouvé logique! En venant de le relire, je m'aperçois qu'il est prometteur. Les volumes vendus pourraient passer de 5,7 millions d'hectolitres actuellement à 6,3 millions d'ici cinq à huit ans, soit 12% de progression. En valeur, car cela aussi est important par rapport au prix actuel absurdement bas du tonneau, il est prévu que la valeur de vente soit de 4,6 milliards au lieu de 3,5 milliards actuellement, soit une progression de 1,1 milliard, et de 31%. Si l'on raisonne au prix unitaire de l'hectolitre, ceci revient à montrer que le prix moyen passerait de 614 Euros à 730 Euros l'hectolitre, soit 19% de progression. Ces chiffres sont à rapprocher de la réalité rencontrée par le prix actuel du tonneau (9 hl): 700 Euros!!!
Le plan Bordeaux demain est donc un cri d'espoir, qui n'est pas entendu. Car il se heurte aux cris de ceux qui souffrent, et qui peuvent rapidement devenir les cadavres sur lesquels viendront se rassasier les vautours! (après plusieurs heures d'écoute, on est forcément imprégné de tous ces malheurs racontés dans une grande simplicité). Mais je pense que ce cri d'espoir peut être relayé, y compris auprès de ceux qui souffrent, et qui ont une partie de leur avenir en main. Le plan Bordeaux Demain n'a fait l'objet d'aucun chiffrage, dans un calendrier déjà en retard, et avec des inévitables luttes de pouvoir plutôt occultes. Aucune disposition logique ne s'insère donc entre un plan ambitieux, et les difficultés quotidiennes. IL faut donc absolument arriver à créer des espaces de discussion, de mutualisation et de projets, à soumettre aux élus dans le cadre de ce plan. Je continue de penser que le projet auquel je pense depuis plusieurs années: la création de plusieurs petits groupes d'une dizaine de viticulteurs, est toujours d'actualité, car il est un bon espace entre l'individu et le collectif supèrieur à 50 membres. Dernière remarque: à quoi bon arracher, si c'est pour replanter? A quoi bon détruire, si c'est pour reconstruire? Pourquoi ne pas faire évoluer, cela serait plus efficace?
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