lundi 24 octobre 2011

DE NOUVEAUX CRITERES POUR AFFRONTER LE FUTUR

Pour faire suite au précédent article, voici les critères qui me semblent importants pour répondre aux inéluctables changements à venir :
- Etre focalisé sur une variété, une diversité et une richesse des investissements psycho-financiers, et non sur un seul. J’ai l’exemple d’un projet de création d’une section Alzheimer dans une maison de retraite. Devant les difficultés de financement, il faut probablement renoncer à une partie du projet, pour en obtenir sa réalisation. Et donc, faire le deuil d’une première ambition.
- Rendre prioritaire la qualité des relations à autrui. J’ai l’exemple d’un projet de rapprochement, où la qualité des relations peut jouer un grand rôle dans sa réussite. Tout doit donc être fait pour mesurer et renforcer la « compatibilité » des caractères de chaque partie prenante.
- Etre souple et mobile dans son fonctionnement psychique. J’ai l’exemple d’équipes de travail, sur un site destiné à disparaître, qui doivent continuer à être performants, mais, en même temps, être en capacité de créer un avenir professionnel positif mais très différent de celui vécu depuis plusieurs années.
- Etre capable d’aimer, et de haïr, sans se laisser déborder par une attitude passionnelle. J’ai l’exemple d’une belle réussite économique à l’exportation, ternie par des différents entre les parties prenantes, qui entretenaient une relation « fusionnelle ».
- Investir positivement les images parentales, familiales. J’ai l’exemple d’une médiation familiale sur succession, où les relations « systématiques » doivent être traitées, de manière à créer des liens projectifs positifs pour soi.
- Savoir établir un partage équilibré entre aimer et travailler. J’ai l’exemple d’un dirigeant d’une PME importante, vide d’amour, d’abord de soi, générant des tensions dans son entreprise, par manque d’équilibre émotionnel.
- Etre capable de faire des deuils, sans qu’ils deviennent interminables. J’ai l’exemple d’une grande déception rencontrée par un dirigeant dans un partenariat bancaire, du fait d’une mauvaise qualité relationnelle. La méfiance s’était installée, alors que l’interlocuteur, avec un haut niveau de responsabilité, avait changé. C’est le regard sur une déception qui doit alors être dépassée, la déception servant de prétexte au maintien d’un souvenir profond et intime rencontrée auparavant par le dirigeant.
- Etre capable de supporter les déceptions, les frustrations. J’ai l’exemple d’une petite PME, qu’un nouveau dirigeant venait d’acquérir, qui avait de nombreux projets, balayés par une crise inattendue. Il a été important de retrouver motivations et vision stratégique. J’ai d’autres exemples de viticulteurs, profondément attachés à leur art, qui doivent faire le deuil d’une forme de métier, pour en définir une autre. Travail lourd de dépassement des frustrations.
- Reconnaître le privilège d’aimer. J’ai l’exemple d’un projet économique, porté par une personne en difficulté de santé, mais qui a besoin, pour de multiples raisons, que ce projet (faisable) voit le jour, malgré la crainte qu’il génère dans un groupe qui se sent dépassé par une notion simple : ouvrir à la vie, aux incertitudes, aux apprentissages, dans des confiances réciproques.

Je ne trace pas le portrait idéal, par nature inaccessible, de tous ces critères : aucun être humain ne peut les posséder sans faille dans leur totalité.

Mais je veux seulement souligner que l’être humain a des ressources : psychiques, affectives, émotionnelles, qui peuvent, pour lui et les groupes auxquels il appartient, être sources de développement, d’innovation, de changement, de productivité. Ce sont elles qui nous permettront de dépasser, et de ne pas se résumer, aux impasses économiques et financières actuelles.

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